Métiers et Professions

Les métiers et professions des Juifs marocains ont évolué durant leur histoire. Avant la colonisation, les Juifs occupent certaines fonctions politiques et sont présents dans le négoce et les banques, les fonctions religieuses, l’agriculture et l’élevage ainsi que l’artisanat et le petit commerce.

Dès la deuxième moitié du XIXe siècle, ces spécialités sont moins marquées et les Juifs marocains sont présents dans la plupart des domaines de la vie économique.

Sur le plan politique, plusieurs Juifs marocains contribuent au développement des relations internationales du Maroc avec les pays européens et américains, en assurant des fonctions de diplomates et d’interprètes.

couturières     bh

De grands négociants (tajer es-soltan ou négociants du roi), se spécialisent dans le transport, la banque, le commerce et participent à des monopoles. En relation avec les autorités du Makhzen et les maisons internationales, ils assurent l’exportation de marchandises locales (céréales, cuirs et peaux, cire) et l’importation de sucre, de thé, d’indigo, de perles, de musc, d’épices et de fourrures.

Ils contrôlent aussi le commerce de détail par l’intermédiaire du colportage et de petites boutiques.

D’autres ont la responsabilité de battre la monnaie et d’imprimer des timbres ou de transporter des matériaux précieux comme l’or.

Des médecins, provenant surtout des communautés espagnoles, acquièrent une grande notoriété.

La pratique religieuse est à l’origine d’un grand nombre de vocations et de professions : rabbins et membres des tribunaux rabbiniques, au prestige important; maîtres d’école et professeurs de yéchivah, paytanim et officiants, abatteurs rituels, circonciseurs.

ay

Les magistrats et rabbins, recrutés au sein de l’élite lettrée, font le plus souvent partie des familles dirigeantes. Ils exercent une autorité spirituelle et temporelle, et occupent une charge (serarah) qui leur donne accès à des privilèges héréditaires, concernant l’abattage rituel, la gestion des synagogues, les fonctions de greffier ou de juge.

La majeure partie des Juifs sont des artisans, à l’instar de leurs voisins musulmans. Ils sont groupés en corporations de métiers, qui veillent à la protection de leurs intérêts professionnels et dispensent une assistance sociale.

Les orfèvres travaillent les métaux précieux, fabriquent des bijoux et ont leurs ateliers-échoppes, dans des quartiers spécialisés (sekkakin, siyyaghin, dhabin).

La broderie au fil d’or (scali) ou d’argent, d’origine espagnole est une branche manufacturière qui demande des capitaux importants.

Du tréfilage au filage, le fil produit sert à la broderie utilisée dans la confection des objets de culte ou d’usage quotidien.

Les sacs à talit et tephilin, les babouches réputées, surtout à Fès et à Marrakech sont ainsi brodés. Les vêtements, comme les caftans fabriqués à la main et comprenant des broderies, ont fait la réputation de ces artisans, dont les meilleurs fournissent la cour ou exportent leur production vers d’autres pays d’Afrique (Sénégal et Maurétanie).

Dans ce type d’artisanat, les hommes prédominent, mais la contribution des femmes est importante dans certaines phases de la confection des vêtements.

Le tissage d’éléments vestimentaires (rubans de soie, galons, bandeaux de coiffure), de tapis de laine, de couvertures et d’objets de culte est aussi répandu.

Le travail des peaux de chèvre (maroquin)aboutit à confectionner des reliures ou des sacs ornés de motifs géométriques.

Le travail du cuivre rouge ou jaune est aussi un débouché important. On fabrique ainsi des plateaux (sinya) avec des motifs ciselés, des gobelets, des lampes, des encensoirs et bougeoirs ou des objets domestiques comme des mortiers.

Le petit commerce dans l’alimentation, le vêtement et les objets quotidiens de base constitue aussi une branche d’activité où se retrouvent les Juifs marocains.

De nombreux petits métiers complètent ces secteurs : cordonnerie, construction et vente de soufflets, de tamis et de poteries, travail du bois et autres.

be

Dans les communautés du sud du Maroc en particulier, les Juifs marocains sont aussi des agriculteurs et des éleveurs. Les femmes oeuvrent dans la sphère domestique et se consacrent à des activités de tissage et de couture qui contribuent à améliorer le budget familial.

A cet artisanat, s’ajoutent d’autres emplois créés par la modernisation et l’urbanisation : les services, l’agriculture, la pêche et l’exploitation forestière; une classe moyenne de techniciens, et de cadres se développe. L’accès aux professions libérales s’accentue dans les années 50.

L’arrivée des femmes sur le marché du travail constitue par ailleurs l’un des changements majeurs de la société juive marocaine.

Aujourd’hui, les Juifs se retrouvent dans tous les champs de l’activité économique.